Performer ou progresser ! – Ondra vs Honnold

 ‘’Le Free Solo c’est comme viser un exploit athlétique pour remporter la médaille d’or olympique, sauf que si on n’y parvient pas on meurt’’ explique Tommy Caldwell dans le reportage qui retrace l’ascension d’El Capitan par Alex Honnold. Certains voient en Alex Honnold un inconscient, voire un suicidaire, tandis que d’autres le voient comme quelqu’un de très réfléchi. Si une telle ascension nous semble totalement démesurée, c’est surtout parce que nous évaluons sa faisabilité à travers nos propres capacités, nos propres peurs ; ce qui est une erreur de point de vue, sauf si nous souhaitons déterminer le gap physique, technique et mental qui nous sépare d’une telle maitrise. Jean d’Ormesson aurait peut-être dit d’Honnold qu’il est optimiste puisque selon lui ‘’L’optimiste c’est celui qui fait ses mots croisés au stylo’’. Mais cette définition ne convient pas non plus.

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Adam Ondra, ses défauts de posture ou la robustesse d’un corps

Etre le meilleur ne veut pas dire être à son meilleur potentiel. Le corps d’Adam Ondra comporte de multiples déséquilibres et asymétries, dont deux pieds dits ‘’plats pronateurs’’ comme nous pouvons l’observer dans la vidéo intitulée ‘’Road to Tokyo #38 – What is the best body type for Climbing’’ alors qu’il est en short, le torse et les pieds nus. Des déséquilibres que nous retrouvons lorsqu’il grimpe mettant en exergue, par ailleurs, la robustesse du corps en général, c’est-à-dire la capacité du corps à mener une action alors que plusieurs ressources biomécaniques ne sont pas aux meilleures de leur potentiel, voire font défaut.

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Adam Ondra, the defects in his posture or the strength of his body

Being the best does not mean being at your best. The body of Adam Ondra has multiple imbalances and asymmetries, including two feet said ”pronator flat” as we can see in the video ”Road to Tokyo # 38 – What is the Best Body Type for Climbing”, when he appears in shorts, bare torso and bare feet. These imbalances, which are also visible when he climbs, stress the general robustness of his body, that is, its ability to act while several biomechanical resources are not at the best of their potential, or even lacking.

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Le Trail, c’est le pied – Entretien Nature Trail magazine

Questions (Pauline Waag) et réponses (Fred Brigaud)
Le fait d’être pronateur, supinateur, ou neutre influence forcément notre biomécanique et posture de manière générale ?

Le fait d’être pronateur ou supinateur modifie l’orchestration de la jambe et nos appuis. Cela nous éloigne d’une posture économique et stable, limite notre aisance et génère des zones d’hyperpression et d’hypertension au sein des pieds et du reste du corps. Pour simplifier, un pied pronateur ou supinateur est un défaut d’orientation du pied par rapport à la jambe et/ou de maintien de cette orientation en appui. Notez que l’orientation du pied détermine sa forme (arche interne plate ou creuse) et sa musculature. Dès lors, pour sortir de ce schéma et tendre vers davantage d’équilibre et d’économie, il faut entreprendre un travail technique sur le déroulé du geste et l’orientation des segments. Un travail technique semblable à celui qu’entreprend un tennisman pour corriger un défaut d’orientation du poignet par exemple. Il n’utilisera pas d’orthèse pour maintenir celui-ci mais travaillera sur sa gestuelle.

Les pieds ne sont qu’un morceau de la chaîne; il est nécessaire d’explorer le corps dans son ensemble pour mieux comprendre les interactions entre les différentes parties.

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Résurrection, revenir à la course à pied après une hernie discale

Entretien avec François Baillieux, marathonien, triathlète et Traileur amateur.

’Une douleur me vrille le bas du dos quelques minutes après avoir franchi la ligne d’arrivée du Marathon de Bruxelles, et perdure plusieurs semaines en raison d’une hernie discale qui sera révélée au scanner. Une hernie qui est apparue ‘’soudainement’’, sans notion de choc direct, alors que je ne présente aucun antécédent médical de ce type, ni eu de traumatisme par le passé à ce niveau. Il émerge de cela une totale incompréhension. D’autant, qu’après plusieurs mois, je me demande si je pourrais courir à nouveau car quelques foulées suffisent à me clouer sur place’’, nous explique François.

15 ans auparavant

Il se prend de passion pour la course à pied à l’âge de 18 ans, alors qu’il se trouve en terminale à la Silver Regional High School aux Etats-Unis. Il y pratique le 800m, une discipline qu’il poursuit une fois rentré en Belgique en 1998 pour étudier la kinésithérapie. Depuis lors il n’a jamais arrêté de courir.

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Pas de pied, pas de 7b ! Un pied, cela se construit

Pas de pied, pas d’escalade ! La précision et le maintien de l’appui sont des éléments essentiels dans la pratique de l’escalade, Lapalisse n’aurait pas dit mieux. Cependant, il ne faut pas se fier aux apparences car ce n’est pas parce que notre pied adhère à la paroi que sa statique et sa dynamique sont optimales. Elles peuvent en effet impacter insidieusement notre équilibre et limiter le nombre de postures et de gestuelles que nous sommes en mesure d’adopter. La mécanique du pied est plus complexe qu’il n’y parait, mais pas compliqué pour autant, ce n’est qu’une question de conceptualisation de son fonctionnement.

Pour cerner cette problématique nous pourrions nous poser la question suivante, sommes-nous tous capables de tenir n’importe quel type d’appui au niveau des pieds? Une question à laquelle il est difficile de répondre car le corps, en raison du nombre d’articulations qu’il possède, est en mesure de compenser mille et un défauts et ainsi donner l’illusion de fonctionner de façon optimale. Et ce d’autant plus si nous focalisons notre attention, lorsque nous grimpons, seulement sur notre capacité à enchaîner les pas et non sur le déroulement de la gestuelle, la justesse de nos appuis et la succession de postures que nous adoptons. Nous ne sommes pas en train de dire qu’il n’existe qu’une seule gestuelle mais plutôt qu’un système équilibré qui fonctionne à son meilleur potentiel augmente les possibilités du grimpeur, permet de gagner en précision et en économie. Le pied ne fonctionne pas seul, il est la base à partir de laquelle se construit l’appui mais il est également l’extrémité qui s’adapte et compense les défauts sus-jacents. C’est un élément de jonction entre la paroi et le reste du corps. Une défaillance à son niveau génère une multitude de compensations, augmente le coût énergétique et diminue l’éventail des possibilités.

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Prévenir les ongles noirs en course à pied – Approche systémique

Nombre de coureurs se plaignent de l’apparition d’ongles noirs après une longue course, un marathon, un Trail, ou tout simplement après des entrainements un peu plus soutenus. Pour certains c’est exceptionnel, pour d’autres c’est récurant. Nous pensons immédiatement que les chaussures sont trop petites, trop étroites, mal serrées, ou encore que les ongles sont mal coupés, limitant à deux ou trois facteurs les causes d’apparition de cette pathologie, alors que cela peut provenir d’erreurs techniques ou de faiblesses architecturales. Si chausser des chaussures plus grandes limite l’apparition de ce phénomène, cela a pour conséquence aussi de masquer les défauts et les faiblesses à l’origine de celui-ci, laissant le coureur les perpétuer.

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Trail et Bâtons, l’impact sur la bipédie !

Je suis tout sauf un adepte des bâtons et pourtant ce jour là ils m’ont permis d’aller jusqu’au bout.

La veille de l’ascension du Toubkal j’ai pris un coup de chaud, et commencé à en ressentir les symptômes alors que nous franchissions le dernier col de la journée, le Tizi n’Terhalaine à 3300m d’altitude. Pas de chance car, lorsque nous sommes arrivés au campement après une descente en plein soleil, il était à peine 13h, et la température allait continuer d’augmenter. Il n’y avait pas d’arbres, pas d’ombre, juste quelques scorpions jaunes dont il fallait éviter les piqûres, le soleil ne passerait derrière les montagnes qu’après 19h. Rien pour rafraîchir mon corps en dehors d’une minuscule source d’eau qui coule au milieu de nulle part et qui me permet tout de même de placer une poche d’eau froide alternativement sous les aisselles et sur le front. Mais c’est insuffisant pour m’être réellement bénéfique. Il me faudra donc attendre.

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Trekking en chaussures barefoot dans l’Atlas Marocain

160 km, 10 100 m de D+, une succession de cols qui culminent entre 3250 et 3600 m et un sommet au milieu du parcours à 4167m, le Toubkal. Ceux qui connaissent l’Atlas Marocain savent que les sentiers sont durs et caillouteux, rien à voir avec les sentiers souples que nous pouvons trouver notamment dans les Alpes. Dès lors, pourquoi se priver du confort d’une chaussure épaisse et moelleuse pour les parcourir penseront certains ?

Ce n’était ni un défi, ni un test pour une marque de chaussure mais seulement un trekking entre amis pour parcourir une petite partie de l’Atlas, le tout chaussé comme d’habitude de chaussures totalement souples de type barefoot. Des chaussures dont la semelle ne dépasse pas 8mm d’épaisseur, grip inclus et naturellement sans drop, le talon et l’avant-pied étant à la même hauteur. Des chaussures sans semelle de propreté ou autre pouvant ajouter une épaisseur entre le sol et le pied.

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L’intérêt de l’EAD dans la pratique du Ski Alpin

Magazine de l’Entraîneur de Ski Alpin n°110 été 2019 – Extrait de l’article et de l’ouvrage ‘Corriger la posture et les instabilités articulaires

EAD et ski alpin

… Lorsque la précision, la puissance et la vélocité doivent fonctionner simultanément, le contrôle, l’orientation et le maintien du positionnement des articulations deviennent des éléments incontournables, particulièrement lorsque l’on veut développer une conduite de courbe efficace. Du fait que le skieur possède un système extenseur très puissant, les contraintes verticales étant très importantes. Toute la difficulté est de développer un système stabilisateur en adéquation avec le système extenseur afin que le skieur soit capable de maintenir l’organisation de sa structure, c’est-à-dire l’orientation de ses segments et éviter ainsi une perte de contrôle et de maintien de l’articulation du genou au risque de nuire à son intégrité.

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