Ces usures qui en disent tant sur notre foulée !

Nombre de coureurs passant à une foulée avant-pied usent fortement le bord antéro-externe de leur chaussure de running sans forcément savoir si c’est adapté ou non, et s’il est possible d’agir ? Un tel défaut technique génère des instabilités, sollicite excessivement le système musculaire stabilisateur ainsi que le bord externe du pied, avec un risque de fracture de fatigue à ce niveau.

Le comment du pourquoi

Quelle que soit la technique de prise d’appui lors de la marche ou de la course, le principal releveur du pied qui n’est autre que le muscle tibial antérieur s’actionne. En raison de son insertion sur le bord interne du pied, au niveau de la première colonne (premier cunéiforme et base du premier métatarsien), la flexion de la cheville s’accompagne d’une légère inversion du pied. Le pied se réaxe par rapport au tibia, voire s’inverse (la pointe de pied s’oriente vers l’intérieur) en fonction de l’équilibre entre les muscles inverseurs (tibial antérieur et postérieur) et éverseurs (court et long fibulaire). Cette combinaison de mouvements, flexion de la cheville et inversion du pied (mouvement qui s’effectue au sein de l’articulation talo-calcanéo-naviculaire), a pour conséquence de présenter chez le marcheur ou le coureur talon possédant une foulée dite universelle (c’est-à-dire un pied équilibré, ni pronateur, ni supinateur) le quadrant postéro-externe du talon lors de la prise d’appui.

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Les chaussures ‘barefoot’ la clé du succès en Trail !?

Par Fred Brigaud
Réflexion croisée /  Katie Schide, Germain Grangier, Fred Brigaud

[ Sommaire : Démythifier la chaussure rigide | Trail et chaussure ? | Etre conscient et raisonné | Se maintenir à son meilleur potentiel | Un pied différent selon la dureté du sol | Le pied une structure mobile | Une lente transition vers des chaussures à tendance barefoot | Un corps sous influence dépendant de nos choix | Que retenir |Pour aller plus loin |Palmarès Germain Grangier | Palmarès Katie Schide ]

Profitant de la présence de Katie et Germain venus passer quelques jours à Argentière pour reconnaitre certaines parties du parcours de la CCC, c’est à la terrasse d’un café que nous nous retrouvons en cette agréable journée de juin pour évoquer la problématique du choix de la chaussure en Trail.

Katie, Germain & Fred

Démythifier la chaussure rigide

Katie nous relate ses 4 étés passés aux US comme gardienne de refuge au Lake of the Clouds dans les Appalachian Mountains (New Hampshire) durant lesquels elle effectuait des portages pour le ravitaillement deux fois par semaine. 1h30 à 2h30 de marche sur un sentier très technique de type éboulis, avec 1000 à 1200m de dénivelé, et un sac à dos dont le poids oscillait entre 20 et 40kg ; elle, ne pesant que 56kg pour une taille d’1m69. Des portages qu’elle effectuait volontairement chaussée de chaussures souples et légères et surtout pas de chaussures de montagne rigides et hautes comme il est habituellement conseillé. Elle nous fait part de son expérience et nous explique que, en raison de leur rigidité, les grosses chaussures de montagne basculent latéralement à chaque pas dès que le terrain devient irrégulier. Elle se remémore le manque de stabilité qu’engendrait ce type de chaussure, allant jusqu’à la faire chuter, et l’amenant à abandonner définitivement celles-ci.

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Sommes-nous encore ‘’born to run’’ ?

Par Fred Brigaud – Ultramag

Selon certains courants de pensée qui reposent leur réflexion sur l’analyse et l’interprétation soit des études scientifiques soit des habiletés motrices, il semblerait qu’une partie de l’humanité ne soit pas ou plus adaptée à une foulée avant-pied, limitant celle-ci à une attaque talon et l’obligeant à porter des chaussures comportant de l’amorti à ce niveau. Il y aurait alors deux types de mutants les premiers adaptés à l’attaque avant-pied et les seconds inadaptés ou seulement occasionnellement. Avec comme arguments pour faire cette distinction, le risque de blessure et la perte de performance si ce ‘’déterminisme’’ n’était pas respecté. Dans ce contexte, les habiletés traduiraient des limites de notre champ des possibles et suggèreraient de ce fait la technique de course pour laquelle nous serions mécaniquement adaptée ; sous entendant que le fait de se mettre à attaquer avant-pied alors que l’on attaquait talon serait contre ‘’nature’’. Mais qu’en est-il ? Les études et les habiletés sont-elles en mesure de déterminer qu’une frange de la population serait inapte biomécaniquement à produire une foulée avant-pied ?

De mon point de vue, les habiletés motrices, les préférences motrices, ou encore la signature posturale,… représentent notre façon de fonctionner à un instant t, c’est-à-dire le comportement au sens large de notre corps lors d’une tâche à réaliser (courir, marcher, sauter, bondir, se retourner…) et non l’étendue de notre champ des possibles. Les habiletés dans ce contexte sont l’expression d’un cheminement plus ou moins hasardeux au gré de nos apprentissages et de nos expériences passées. Avec le risque, sans action consciente pour réguler ce phénomène, de nous stéréotyper attiré et entrainé par nos points forts qui s’auto-renforcent, à l’image d’un servomécanisme s’auto emballant. Rappelons que gestes, corps et automatismes sont pris dans une boucle récursive où chaque élément interagit sur les autres, s’inter-modelant, et déterminant ce que nous sommes et ce que nous pouvons mettre en œuvre à un moment donné. Le tout est d’avoir conscience que ce phénomène n’est pas semblable à un cul sac dont nous ne pourrions nous extraire, ou encore d’un rail qu’il ne serait pas possible de quitter. Par ailleurs, nous ne cherchons pas à renforcer une voie mais davantage à développer une étendue.

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Quelle technique de course à pied enseigner à l’école ?

Par Frédéric Brigaud.
Joggeur n°25 mars/arvil 2017

On parle de façon récurrente de transition lors du passage d’une prise d’appui talon à une prise d’appui avant-pied. Une réflexion qui concerne essentiellement l’adulte et le jeune adulte qui courent talon. Cependant, qu’en est-il de nos enfants ? Ne faudrait-il pas s’interroger sur la technique de course à leur enseigner.

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Passer du Marathon au Trail

Par Frédéric Brigaud.
Joggeur n°23 – nov/dec 2016 –

PASSER DE LA COURSE SUR ROUTE AU TRAIL DEMANDE DES APTITUDES DIFFÉRENTES. CELA NÉCESSITE-T-IL UNE APPROCHE ET UNE PRÉPARATION PHYSIQUE PARTICULIÈRES ? ÉTUDE ET CONSEIL D’UN POINT DE VUE ANATOMIQUE ET POSTURAL.

Est-ce vraiment différent ? Cela nécessite-t-il une approche et une préparation physique particulières ?

Dans un souci d’efficacité le marathonien, ou plus simplement le coureur sur route, cherche inlassablement à reproduire une gestuelle identique et efficace tout au long du parcours ; longueur de la foulée, balancement des bras, allure, cadence (nombre de pas par minute). Cette capacité à reproduire un geste technique identique est, dans ce cadre, essentielle si l’on souhaite performer. Des paramètres qui évoluent faiblement tout au long de la course, pour peu que le coureur se soit suffisamment entrainé. Cependant, avec la fatigue ou le manque d’entrainement, certains coureurs ne parviennent pas, ou difficilement, à être réguliers et à maintenir des constantes techniques optimales. A l’image des constantes physiologiques dont les valeurs nous permettent de jauger l’état de santé d’une personne, nous pouvons parler des constantes techniques du marathonien dont dépendent ses résultats, le résultat n’étant qu’une conséquence.

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Germain Grangier, un coureur Trail qui ose le changement de technique de prise d’appui

Entretien réalisé par Frédéric Brigaud.
Ultramag

Agé de 26 ans, né aux Deux-Alpes, cet ingénieur en Géotechnique et risques naturels est un coureur Trail singulier. Entre autre lorsqu’il évoque ‘’les régimes cinématiques des fractures de l’Aiguille du Midi’’, l’objet de son mémoire, un sujet qui peut sembler totalement abscond et qui pourtant met en évidence l’étonnante mobilité de nos montagnes. ‘’La montagne est un milieu très actif’’ précise-t-il, non pas parce que de nombreuses personnes la parcourent mais plutôt parce que le milieu, le terrain, les roches,… sont loin d’être des blocs rigides, figés.

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Travaillez votre foulée

Bien-être et santé #329 Mars 2016
Entretien avec Frédéric Brigaud réalisé par Clarisse Nénard / Unrated version

La course à pied est un geste technique qui peut être plus ou moins bien effectué, plus ou moins efficient, et plus ou moins impactant. Que vous soyez un joggeur du dimanche ou un adepte de l’asphalte, votre démarche n’est pas quelque chose de figée.

La course à pied est un véritable phénomène de société. Selon une étude de la Fédération Française d’Athlétisme parue en 2014, 20% des français pratiquent le running, soit environ 9,5 millions de personnes. Des chiffres en constante hausse. Après quoi courent-ils ? 58% des pratiquants usent leurs baskets sur le bitume pour être en bonne santé et améliorer leur condition physique. Il faut dire que ce sport est l’un des plus bénéfiques pour l’organisme. Côté cardio-vasculaire, les bienfaits sont multiples. Bien dosé, il améliore les capacités cardio-respiratoires. Côté ligne, il sculpte la silhouette, redessine les mollets, les quadriceps (le devant des cuisses), les ischio-jambiers (l’arrière des cuisses) et remodèle les fessiers. Grâce aux mouvements des bras, le haut du corps est également sollicité. La taille s’affine, les abdominaux se dessinent… Au bout d’une vingtaine de minutes d’effort modéré et prolongé, il améliore la sécrétion d’endorphines, les fameuses hormones du bonheur.

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”Qualité de pied” et biomécanique – La foulée idéale !

Joggeur Magazine #18 Mars/avril 2016
Entretien – Frédéric Brigaud

Qu’est-ce qui définit une foulée parfaite ? Et surtout, comment prendre conscience si notre propre gestuelle va dans le sens d’un rendement optimal ? Frédéric Brigaud, spécialiste dans le management du geste technique, nous répond.

On parle de foulée idéale comme d’un mythe. D’un point de vue biomécanique, qu’est-ce qui caractérise la foulée idéale ? Quel est ton point de vue ?

Justement, changeons de point de vue, car à trop regarder le coureur de profil nous oublions qu’il n’est en rien comparable à un hiéroglyphe égyptien. La foulée idéale ne se résume pas seulement à une analyse de profil. Le coureur peut développer une gestuelle technique qui semble efficace de profil mais totalement désastreuse vue de face… Encore faut-il savoir où porter son regard ! Je vous propose d’analyser le devenir des jambes en appui à chaque foulée.

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Courir minimaliste ou pas ?

Courir minimaliste ou pas ? (Unrated version)
Par Frédéric Brigaud, consultant en biomécanique humaine et sportive, ostéopathe DO, auteur du Guide de la foulée avec prise d’appui avant-pied
Novembre 2015 – hs / Runner’s world n°56

Le barefoot ne se résume pas à se déchausser et le minimalisme à changer de chaussures avant de partir courir. Cela nécessite avant tout, pour la majorité des coureurs, un changement de technique de prise d’appui mais, comme nous le verrons, pas seulement.

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L’importance de la part technique dans la course à pied

Par Frédéric Brigaud. Consultant en biomécanique. Ambassadeur du programmme ”One More Step” de Scholl©
Santé sport magazine – Oct 2015

Se mettre à courir est chose aisée, mais courir efficacement est nettement plus complexe et plus subtile qu’il n’y parait.

A courir après le temps, l’attention focalisée sur le chronomètre, on en oublie que le résultat est la conséquence de la gestuelle mise en œuvre et qu’il ne suffit pas de mettre un pied devant l’autre pour être efficace. Illusionné probablement par le fait que le corps nous permet de courir presque n’importe comment. Pour s’en rendre compte, il suffit d’observer la multitude de foulées et de postures de course que peuvent adopter les coureurs lors d’un marathon. Pourtant, lors de tels évènements, nous sommes à même de différencier d’un simple coup d’œil le coureur efficace, survolant l’asphalte, du coureur lourd donnant l’impression de s’enfoncer dans le sol à chaque foulée. La qualité de la gestuelle et la capacité à la reproduire du début à la fin de l’épreuve font ici toute la différence.

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