Survoler les parties techniques en Trail et gagner en plaisir

Fred Brigaud – Ultramag

Le rêve de tout coureur est de laisser son corps fonctionner seul, de pouvoir savourer le parcours et d’en jouer sans avoir à se concentrer sur la pose de ses pieds pour ne pas chuter. Heureusement cela s’acquière, pour peu que nous nous placions dans des situations qui favorisent l’apprentissage et que nous ayons une certaine conceptualisation de celui-ci.

La lecture du terrain, une habilité peu développée chez les coureurs sur route

Un terrain technique exige une attention particulière pour choisir la localisation des appuis mais également le type d’appui à produire (puissant, léger ou soutenu par exemple). Il demande davantage de concentration, de précision et de subtilité qu’un terrain plat, large et goudronné. Le marathonien, habitué à courir essentiellement sur la route, n’a donc pas à se soucier de ces paramètres de localisation et au type d’appui à produire. Nous pouvons dire qu’il ne possède pas un haut niveau de lecture du terrain. C’est pourquoi il éprouve des difficultés lorsqu’il lui arrive de cheminer sur des sentiers en pleine montagne, comme en témoignage une marathonienne amatrice après l’ascension d’un 4000 et qui court pourtant en moyenne 50km par semaine sur route. ‘’Il faut faire attention à chaque pas à l’endroit où on pose les pieds si on souhaite ne pas glisser. Cela demande beaucoup de concentration et ralentit fortement la progression, sans parler de la fatigue !’’.

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Trail, vélo et Vtt l’idéale trilogie !

Fred Brigaud | Ultramag | Oct. 2017

Le vélo dans la pratique du Trail, Utile ou Superflu ?  Regards croisés sur cet outil qu’est le vélo ; Germain Grangier, Marion Maneglia, Etienne Loisel et Camille Verrier, tous coureurs avant-pied, partagent leur expérience, leur ressenti sur l’apport du vélo de route et du VTT dans la pratique du Trail.

Volume et récupération – Germain Grangier

’Le vélo est un outil de volume ou de récupération. Il permet de continuer à s’entrainer en limitant le stress mécanique que l’on applique au système ostéo-articulaire.’’ nous explique-t-il. Ainsi le lendemain d’une sortie Trail il peut enchainer avec 5h de vélo en étant moins dans la souffrance. Il effectue des sorties de 2h (au maximum 4h30) une à deux fois par semaine selon son planning, à une vitesse de 30km/h sur le plat sans se mettre dans le rouge. ‘’Je suis sous le premier seuil ventilatoire, aux alentours de 155 de pulsation me concernant’’.

Natif des Deux-Alpes, dernièrement vainqueur de la 6000D, il a pratiqué le ski alpin jusqu’à l’âge de 13 ans avant de déménager sur la côte d’Azur et intégrer à 16 ans un sport étude pour pratiquer dans un premier temps le VTT puis le vélo de route comme il nous l’explique. ‘’Etant grisé par la vitesse je me suis mis au vélo de route une fois en terminale (DN2 puis en DN1 à Aix).’’ Malheureusement il s’est très vite blessé, développant une endofibrose iliaque c’est-à-dire une sténose progressive de l’artère iliaque au niveau du bassin en raison de l’importante flexion de hanche dans la pratique du vélo. ‘’On a découvert cela lors d’un test simulant l’effort intense à vélo à l’hôpital. J’avais un débit sanguin plus faible au niveau du pied droit. Cela se traduisait par une grosse crampe dans la jambe. On m’a proposé un pontage, c’est-à-dire une chirurgie sur les artères… A 20 ans je me suis dit : change de sport et continue tes études’’. Depuis, il ne pratique plus le vélo de la même façon, c’est devenu un outil d’entrainement efficace où il profite davantage du moment présent. ‘’Avant j’étais dans le vélo pour le vélo, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Maintenant je regarde le paysage !’’ dit-il avec le sourire.

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Plus vite, plus fort, plus haut – Entretien au sommet du Toubkal avec Rachid El Morabity

Ultramag – Fred Brigaud | COURSE À PIED – TECHNIQUE | PROGRESSER TECHNIQUEMENT POUR BATTRE SES RECORDS EN TRAIL

LE MAROCAIN RACHID EL MORABITY EST CONNU POUR SES 5 VICTOIRES SUR LE MARATHON DES SABLES, MAIS AU-DELÀ DE CETTE SUPRÉMATIE DANS LE DÉSERT, L’HOMME DE 35 ANS MÛ PAR LE PLAISIR PROGRESSE SUR LES TRAILS DE MONTAGNE GRÂCE À SON TRAVAIL TECHNIQUE.

Nous nous trouvons à Armed , un petit village de montagne (1954m d’altitude) situé à 50min de Marrakech en voiture et 16km à pied du sommet du Toubkal. Un sommet qui culmine à 4167m d’altitude, le plus haut sommet du Maroc, que nous contemplons depuis la terrasse de l’auberge où nous logeons. Nous prévoyons d’en faire l’ascension le lendemain matin. C’est aux alentours de 19h30 que Rachid arrive en courant de la station de l’Oukaimeden (2600m d’altitude) où il séjourne depuis maintenant 20 jours au chalet du CAF dans le cadre de sa préparation à la CCC© (101km, 6100m D+), sillonnant la montagne et les villages alentours. Il va courir la CCC© pour la première fois cette année après avoir terminé second l’année dernière de l’OCC© (56km, 3500m D+). Rachid vient à Armed pour battre son record de l’ascension du Toubkal de l’automne dernier (2h30 Armed/sommet du Toubkal) et partager un moment entre amis.

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Pour s’améliorer en descente la course ne suffit pas

Pour s’améliorer en descente la course ne suffit pas
Ultramag – Par Frédéric Brigaud.

ENTRETIEN – TRAIL-RUNNING | GERMAIN GRANGIER EN FIN DE SAISON
GERMAIN GRANGIER TERMINE LA SAISON 2015-2016 EN REMPORTANT LA GARMIN MOURNES SKYLINE MTR FINALE DU CIRCUIT SKYRUNNING UK EN IRLANDE (35 KM ET 3500 M D+).

C’est dans un café au cœur de Paris que nous nous retrouvons pour parler de la saison passée et à venir, de l’orientation de son travail et de toute l’importance qu’il porte au repos entre deux saisons comme il nous l’explique : « Je m’impose un arrêt complet d’un mois. Un arrêt complet physique et mental, mais pas intellectuel car je continue à réfléchir et à parler avec les gens qui m’entourent », dit-il avec le sourire. « Une coupure afin de me régénérer car je conçois le sport comme sport santé » précise-t-il songeant à ceux qui se ruinent la santé dans la pratique du sport. Il insiste en disant qu’il a une vision à long terme et non pas jour après jour, course après course. « Je veux perdurer. Je fais cette coupure d’un mois depuis maintenant près de 5 ans. » Alors qu’autour de lui les autres coureurs s’arrêtent généralement une semaine, 15 jours mais guère plus. « J’ai vraiment besoin de cette coupure pour faire autre chose, voir autre chose, pour retrouver de l’envie et de la motivation » nous explique-t-il. À l’inverse de ce que l’on pourrait croire au premier abord, il ne repart pas à zéro ou affaibli, bien au contraire….

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