Plus vite, plus fort, plus haut – Entretien au sommet du Toubkal avec Rachid El Morabity

Ultramag – Fred Brigaud | COURSE À PIED – TECHNIQUE | PROGRESSER TECHNIQUEMENT POUR BATTRE SES RECORDS EN TRAIL

LE MAROCAIN RACHID EL MORABITY EST CONNU POUR SES 5 VICTOIRES SUR LE MARATHON DES SABLES, MAIS AU-DELÀ DE CETTE SUPRÉMATIE DANS LE DÉSERT, L’HOMME DE 35 ANS MÛ PAR LE PLAISIR PROGRESSE SUR LES TRAILS DE MONTAGNE GRÂCE À SON TRAVAIL TECHNIQUE.

Nous nous trouvons à Armed , un petit village de montagne (1954m d’altitude) situé à 50min de Marrakech en voiture et 16km à pied du sommet du Toubkal. Un sommet qui culmine à 4167m d’altitude, le plus haut sommet du Maroc, que nous contemplons depuis la terrasse de l’auberge où nous logeons. Nous prévoyons d’en faire l’ascension le lendemain matin. C’est aux alentours de 19h30 que Rachid arrive en courant de la station de l’Oukaimeden (2600m d’altitude) où il séjourne depuis maintenant 20 jours au chalet du CAF dans le cadre de sa préparation à la CCC© (101km, 6100m D+), sillonnant la montagne et les villages alentours. Il va courir la CCC© pour la première fois cette année après avoir terminé second l’année dernière de l’OCC© (56km, 3500m D+). Rachid vient à Armed pour battre son record de l’ascension du Toubkal de l’automne dernier (2h30 Armed/sommet du Toubkal) et partager un moment entre amis.

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411 jours pour récupérer d’une rupture complète de l’aponévrose plantaire et courir le marathon de Paris en 3h31’57’’

Lors du salon du running de Paris de 2016, Stéphane m’annonce qu’il s’est rompu totalement l’aponévrose plantaire ; il se déplace alors avec des béquilles, le pied droit dans une botte. Cela ne semble pas l’affecter outre mesure, son seul regret étant de ne pas pouvoir courir le marathon qui a lieu le lendemain… Une année s’écoule, nous sommes le 8 avril 2017. Alors que le salon du running bat son plein, Stéphane vient à ma rencontre avec un large sourire, mais cette fois-ci sans béquilles ni botte. Il prévoit de courir le marathon pour le plaisir et le parcourra en 3h31’57’’. Mais qu’a-t-il entrepris durant plus d’une année pour courir de nouveau un marathon après une telle blessure ? C’est autour d’un café à Sanary trois mois après le marathon, alors qu’il court comme avant, voire mieux, que nous nous retrouvons pour retracer ce long parcours, ses 411 jours !

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63 jours pour revenir à la compétition après une fracture du pied – Germain Grangier

Ultramag – Fred Brigaud

Le 24 mars 2017, en fin de journée, Germain Grangier, coureur Trail du Team Inov-8 France, se fracture le troisième métatarsien du pied droit alors qu’il dispensait des conseils techniques en descente au cours d’un camp Trail Organicoach qu’il organisait avec un ami. ‘’Je commençais à descendre en disant aux coureurs de m’emboiter le pas, et en me retournant pour voir s’ils me suivaient, je pose le pied sur une pierre tranchante alors que j’arrivais avec une certaine rigidité dans la jambe’’ nous raconte-t-il. Instantanément, après cette pose de pied très brutale, il lui fut impossible de reprendre appui… La radio révèlera une facture sans déplacement. Rétrospectivement, il pense que cette blessure n’est pas seulement due à la pierre, ‘’trop de fatigue, du stress, une nouvelle vie, cela a perturbé l’équilibre que j’avais avant’’, d’autant qu’il ne s’était pas économisé physiquement durant ce camp Trail. Une blessure qui pousse à davantage de clairvoyance, confie-t-il.

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Reprendre possession de son corps et le préserver dans la pratique du Trail – Hernie discale et course à pied

Ultramag – Fred Brigaud

Du jour au lendemain

En novembre 2011, après avoir enchaîné plusieurs longs Trails dont le Solukhumbu au Népal organisé par Dawa Sherpa, effectué un déménagement, et transporté quotidiennement des cartons dans le cadre de son travail comme responsable d’un rayon de chaussures Trail, est apparue une hernie discale paralysante au niveau de la région lombaire (L2/L3). Cette altération irréversible du disque intervertébral due à cette succession d’efforts et de contraintes mal gérés, comme il nous l’indique, a entraîné une perte de la sensibilité et du contrôle moteur de la jambe droite. ‘’A ce moment là, je n’avais pas d’autre choix que de me faire opérer’’ afin de libérer le nerf comprimé nous explique Jean-Marie. Il s’en est suivi une période de rééducation pour réapprendre à marcher et renforcer la musculature qui avait fondu. ‘’Je n’avais qu’une idée en tête, retrouver la mobilité et le contrôle de la jambe ! J’étais dans l’impossibilité de produire certains mouvements au point que je devais soulever ma jambe à l’aide de mes mains pour monter les escaliers, mes muscles ne pouvant plus le faire.’’

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« Kv – C’est un mélange de vélocité et de puissance musculaire » v

DISCIPLINE – KILOMÈTRE VERTICAL | L’ENTRAÎNEMENT SPÉCIFIQUE AU KV

AGÉ DE 43 ANS, LIONEL CHATELARD COURT DES TRAILS DEPUIS 21 ANS ET SES PREMIERS KV (KILOMÈTRE VERTICAL) DATENT D’IL Y A 15 ANS. AMM (ACCOMPAGNATEUR MOYENNE MONTAGNE) SPÉCIALISÉ TRAIL ET BE SKI DE FOND, PASSIONNÉ DE MONTAGNE, IL NOUS FAIT PART DE SON EXPÉRIENCE DU KV ET DES POSSIBLES TRANSFERTS DANS LA PRATIQUE DU TRAIL.

Apprendre à se connaitre

« Le kv c’est l’effort pour l’effort. Le cardio monte très vite. On est tout de suite dans le rouge. L’objectif est de maintenir son rythme cardiaque le plus haut possible sans se griller ! », nous explique Lionel. Tendre vers son maximum aérobie sans le dépasser. Au fil des courses on apprend à gérer cet effort, à percevoir cette limite, ce seuil aérobie au-delà duquel on crée une dette en oxygène. Ainsi avec l’expérience, « dès le départ, on est en mesure d’amener rapidement son cœur au rythme souhaité sans le dépasser et on gère de mieux en mieux sa course » nous dit-il, on ne tâtonne plus, on est tout de suite efficace. Pas besoin de cardio-fréquencemètre pour cela, « avec le temps on apprend à se connaitre », précise-il.

Plus nos perceptions s’affinent plus on est à même de réguler l’effort que l’on produit. Une introspection facilitée dans ce type de course puisque, comme il nous l’explique, « On est face au chrono et à la pente, très peu face à l’adversaire contrairement aux autres courses. D’autant que la majorité des départs sont en contre la montre ». Mais attention « Dans ce type d’effort l’arrivée est un véritable aimant ».

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KV – il faut essayer de faire la course en négative split – Germain Grangier

Par Frédéric Brigaud.
Février 2017 – Ultramag

SPORT – COURSE À PIED | LE KILOMÈTRE VERTICAL À LA LOUPE
LE KILOMÈTRE VERTICAL EST UNE ÉPREUVE ULTRA SPÉCIFIQUE, ET EN MÊME TEMPS ACCESSIBLE À TOUT LE MONDE : GERMAIN GRANGIER NOUS DONNE QUELQUES CONSEILS POUR GÉRER AU MIEUX CES MONTÉES SÈCHES.

Le KV ou Kilomètre Vertical, pour ceux qui ne connaissent pas, est une course à pied de mille mètres de dénivelé pour une distance horizontale maximale de 5 km, tel que le définit l’International Skyrunning Federation. Germain Grangier, coureur Trail, distingue deux types de KV – ceux qui sont inférieurs à 3 km et ceux qui sont supérieurs à cette distance car la gestuelle mise en œuvre n’est pas la même. Lorsque l’on juxtapose différents parcours on se rend compte que le degré de pente varie fortement d’un KV à l’autre.

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Pour s’améliorer en descente la course ne suffit pas – Germain Grangier

Pour s’améliorer en descente la course ne suffit pas
Ultramag – Par Frédéric Brigaud.

ENTRETIEN – TRAIL-RUNNING | GERMAIN GRANGIER EN FIN DE SAISON
GERMAIN GRANGIER TERMINE LA SAISON 2015-2016 EN REMPORTANT LA GARMIN MOURNES SKYLINE MTR FINALE DU CIRCUIT SKYRUNNING UK EN IRLANDE (35 KM ET 3500 M D+).

C’est dans un café au cœur de Paris que nous nous retrouvons pour parler de la saison passée et à venir, de l’orientation de son travail et de toute l’importance qu’il porte au repos entre deux saisons comme il nous l’explique : « Je m’impose un arrêt complet d’un mois. Un arrêt complet physique et mental, mais pas intellectuel car je continue à réfléchir et à parler avec les gens qui m’entourent », dit-il avec le sourire. « Une coupure afin de me régénérer car je conçois le sport comme sport santé » précise-t-il songeant à ceux qui se ruinent la santé dans la pratique du sport. Il insiste en disant qu’il a une vision à long terme et non pas jour après jour, course après course. « Je veux perdurer. Je fais cette coupure d’un mois depuis maintenant près de 5 ans. » Alors qu’autour de lui les autres coureurs s’arrêtent généralement une semaine, 15 jours mais guère plus. « J’ai vraiment besoin de cette coupure pour faire autre chose, voir autre chose, pour retrouver de l’envie et de la motivation » nous explique-t-il. À l’inverse de ce que l’on pourrait croire au premier abord, il ne repart pas à zéro ou affaibli, bien au contraire….

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Comment réagit face à une fracture de fatigue lorsque l’on est marathonien ?

Par Frédéric Brigaud.

La course pour beaucoup de personnes se résume à prendre ses baskets et à suivre un plan d’entraînement. Au fil des mois et des années le niveau progresse, la durée et les distances s’allongent et l’entraînement s’intensifie. Jusqu’au moment où le surentraînement, ou encore des parcours plus exigeants physiquement, combinés à des défauts techniques ou de posture qui s’exacerbent avec la fatigue ou l’augmentation des contraintes, font apparaître des pathologies au sein de l’architecture pouvant aller de la simple tendinopathie à la fracture de fatigue en passant par les périostites.

La course à pied sur route est le sport par excellence qui requière le moins de technicité pour être pratiqué. De fait, la marge d’erreur et d’approximation permise dans la construction du geste est très grande. Elle permet ainsi de courir « n’importe comment » tout en donnant l’impression de performer, d’autant que le corps est à même de compenser ou pallier, dans une certaine mesure, de nombreux défauts. Cependant, comme nous l’évoquions précédemment, il suffit que les contraintes augmentent pour que les défauts s’exacerbent, surchargent davantage certains secteurs et déclenchent l’apparition d’une pathologie.
Rencontre avec Siham et son époux Omar au cœur de Casablanca, tous deux marathoniens amateurs, quelques jours après le marathon de Frankfort.

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Portrait : Christophe Lesaux – UTAT 2016

Par Frédéric Brigaud. Ultramag

« MA VOITURE A MOINS DE KILOMÈTRES QUE MES JAMBES ! » – CHRISTOPHE LE SAUX

PORTRAIT | CHRISTOPHE LE SAUX DANS LE CADRE DE L’UTAT AU MAROC. CHRISTOPHE LE SAUX, LE « JAGUAR », EST SANS DOUTE L’UN DES COUREURS DE TRAIL ÉLITE LES PLUS BOULIMIQUES AU MONDE, LES PLUS SYMPATHIQUES AUSSI.

Retour sur l’UTAT 2016

C’est autour d’un thé à 2600 mètres d’altitude au cœur de la station de l’Oukaimeden au Maroc que Christophe nous raconte les raisons de sa venue pour cette 8e édition de l’UTAT : « En 2011, il y a cinq ans déjà, j’étais venu donner un coup de main pour baliser le 105 km. J’en avais profité pour participer au challenge (42 km le premier jour et 26 km le lendemain). Cette année j’avais envie de faire le 105 d’une seule traite. Un 105 qui est probablement très dur, pour l’avoir balisé il y a 5 ans, mais très beau. »

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Quand la course n’est que le milieu de parcours

Par Frédéric Brigaud. Ultramag
PORTRAIT | OMAR BOURIM DANS LE CADRE DE L’UTAT AU MAROC
OMAR BOURIM, UN MAROCAIN À L’AIR DE RIEN MAIS QUI VOUE UNE PASSION POUR LA COURSE À PIED, ACTIVITÉ POUR LAQUELLE IL A « QUELQUES » APTITUDES…

Ni booster, ni gel nutritif, ni chaussures dernier cri, mais une vieille paire trop grande pour lui et pourtant… Omar Bourim, la quarantaine, originaire de Amsouzarte (1740 mètres d’altitude, un village situé au sud-est du Toubkal (Toubkal qui culmine à 4167 mètres)) termine à la 6e place du 105 km de l’UTAT, seulement 9 minutes après Christophe Le Saux.

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