La technologie est en nous pas dans la chaussure

Par Frédéric Brigaud.
Joggeur n°24 Janvier 2017

On nous vend à chaque instant plus d’amorti, de stabilité, de maintien, de ressort, de conduite de la foulée … Est-ce réellement vrai et nécessaire ? A écouter les vendeurs et les fabriquant on croirait que la chaussure est bardée de technologie sans laquelle nous ne serions que de vulgaires bipèdes aux capacités très limitées, se déplaçant difficilement. Que nous soyons limités, c’est certain ; limités par notre architecture, l’amplitude de nos articulations, la longueur de nos jambes… Autant d’éléments qui entrainent un certain déterminisme. Mais comme dirait Henri Laborit : ‘’Lorsque les lois de la gravitation ont été connues, l’homme a pu aller sur la lune. Ce faisant, il ne s’est pas libéré des lois de la gravitation mais il a pu les utiliser à son avantage.’’ H.Laborit, Eloge de la fuite, P37, Gallimard, 1976. Il en va de même pour notre organisme ; c’est en comprenant davantage ses tenants et ses aboutissants que nous serons à même de potentialiser son utilisation. Par ailleurs, on a trop souvent tendance à confondre assistance et progrès… Mais peut-être annihilons-nous notre sens critique…

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Diminuer le risque d’entorse consécutif à la pratique du ski alpin

Par Frédéric Brigaud
| L’ENTRAINEUR DE SKI ALPIN” – N° 81 | Mars 2012 |
 Nous devrions considérer la chaussure de ski comme une orthèse

Je souhaiterais mettre en avant les conséquences biomécaniques du port de la chaussure de ski sur la stabilité de la cheville. Vous n’êtes pas sans savoir que la pratique du ski alpin nécessite de bloquer le pied, la cheville et la partie inférieure de la jambe dans une chaussure rigide. Les seuls mouvements possibles mais limités au sein de cette chaussure lorsque celle-ci est serrée sont de légers mouvements de flexion/extension de la cheville. Les mouvements d’inversion et d’éversion permettant d’orienter la face plantaire du pied vers l’intérieur ou l’extérieur sont impossibles, bloqués par la chaussure. Cette perte de mobilité a des répercussions sur le système musculaire stabilisant ce secteur et, comme nous allons l’expliquer, favorise l’apparition d’entorse. Rappels anatomiques et biomécaniques de l’articulation de la cheville et de l’articulation sous-talienne. La cheville est composée de trois pièces osseuses; le tibia, la fibula (péroné) et le talus (astragale). Le tibia et la fibula forment une mortaise englobant le talus qui représente un tenon. Cette articulation possède un seul axe de mobilité permettant des mouvements dit de flexion/extension de la cheville. L’articulation sous-jacente, nommée sous-talienne (ou sous-talienne), permet d’incliner latéralement le talon et participe au mouvement d’inversion et d’éversion du pied.

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